Ennemi identifié des apiculteurs du département, le frelon asiatique, de son doux nom vespa velutina, fait froid dans le dos. Comme l’année passée, le petit millier d’apiculteurs du département redoute le réveil de ce prédateur vorace qui peut engloutir jusqu’à 120 abeilles par jour. Sachant qu’un de ses nids contient un petit millier de ce prédateur ailé, le calcul est simple. Il est même tellement simple pour les apiculteurs que beaucoup d’entre eux se sentent véritablement démunis.
En effet, dès lors qu’une communauté de frelon prend pour cible une ruche, ses minutes sont comptées. Président du groupement sanitaire de défense apicole, François Lanteri ne cache pas son inquiéta-, de. Encore épargnés par le vespa velutina qui, en ce début d’été, s’attache à fonder sa colonie, les ruchers sont clairement en sursis. Devant telle voracité, les apiculteurs n’ont comme seul choix la fuite. «Il n’y a pas de mal à fuir quand il s’agit de la dernière solution. Mais déménager des ruchers en pleine période de production n’est pas vraiment conseillé », explique François Lanteri. Or cette année, une nouvelle arme soulève quelque espoir chez les éleveurs. .Des pièges nouvelle génération associés à un produit chimique, un produit attractif auquel le frelon ne peut résister, pourraient ainsi faire leur arrivée dans le département. «Nous attendons de voir si frelon il y a. Mais si c’est le cas nous investirons massivement dans ce stratagème », explique un apiculteur.
Seul bémol, ces pièges, aussi efficaces soient-ils, doivent être installés à proximité des ruchers. Un problème qu’explique François Lanteri. «On avait l’habitude de poser les pièges à proximité du nid de frelons. Or, en étudiant son comportement, on s’est aperçu que le frelon prenait les abeilles en filature avant d’attaquer la ruche. Il est donc devenu évident de placer les pièges tout près des ruchers. Mais en faisant cela, on cause un stress supplémentaire aux abeilles qui stoppent la ponte. » Entre deux maux, le choix du piège semble pourtant être le moindre.

Apparu pour la première fois en .France en 2004, non loin de Bordeaux, le frelon asiatique ne cesse d’étendre sa zone dé prédation. Cantonnée à la moitié ouest de la France, la prolifération de ce grand prédateur d’abeille est irrésistible et exponentielle. Une étude publiée dans le journal Biological Conservation montre, en effet, que la plupart des pays d’Europe ont un risque non négligeable de voir cette espèce s’y acclimater. Pas de quoi rassurer les apiculteurs qui, outre la pose massive de pièges, attendent aussi des abeilles qu’elles fassent preuve d’adaptation. «Il faudrait qu’elles apprennent à se battre contre le frelon. En l’étouffant à plusieurs par exemple », rêve François Lanteri.